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Nouvelle liste rouge de Polynésie française

Nouvelle liste rouge de Polynésie française

Ces nouveaux résultats de la Liste rouge des espèces menacées en France sont publiés par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en collaboration avec les services du gouvernement de la Polynésie française et la Société d’ornithologie de Polynésie.

Au cœur de l’océan Pacifique, les îles et atolls de Polynésie française hébergent une biodiversité exceptionnelle, marquée par une faune et une flore riches et diversifiées. Au terme d’un vaste état des lieux mené durant trois ans par un panel de spécialistes, la situation se révèle très préoccupante : deux tiers des plantes endémiques et la moitié des oiseaux apparaissent menacés, dont de nombreuses espèces uniques au monde.

Des menaces multiples

La flore et les oiseaux polynésiens subissent de nombreuses pressions, au premier rang desquelles les impacts des espèces végétales et animales introduites par l’homme, devenues envahissantes. Leur propagation et leur prolifération altèrent profondément l’équilibre écologique des milieux naturels, jusqu’à pousser des espèces indigènes et endémiques au bord de l’extinction.

Les plantes exotiques envahissantes entraînent la régression de nombreuses plantes endémiques, par la compétition directe et la modification des écosystèmes qu’elles engendrent.

Miconia calvescens ©Alain Petit

Miconia calvescens –  Photo Alain Petit

Le petit arbre Miconia a ainsi envahi plusieurs îles de l’archipel de la Société, où il recouvre et domine progressivement les forêts humides de basse et moyenne altitude, mettant en péril la survie de nombreuses espèces.

Étudiants de l’Université de la Polynésie française (UMR 241) en Licence “Environnements Insulaires Océaniens” sur le terrain avec leur enseignante.

 

 

Au rang des principales menaces, les rats sont responsables par leur action prédatrice de l’effondrement de nombreuses espèces d’oiseaux.

Monarque de Fatu HIva - Photo Thomas Ghestemme

Monarque de Fatu Hiva – Photo Thomas Ghestemme

Le Monarque de Fatu Hiva, dont la population est désormais réduite à moins de 30 oiseaux, est ainsi classé “En danger critique”.

Les rats dévorent également les fruits et les graines d’un grand nombre de plantes endémiques, menaçant directement leur régénération, comme l’arbre Rauvolfia nukuhivensis, classé “En danger critique” et dont il ne reste plus que 70 pieds vivants.

Les chats, les chiens et des oiseaux introduits représentent aussi une menace majeure pour de nombreux oiseaux indigènes, qui n’ont pas développé de mécanismes de défense ou de fuite face à la prédation.

D’autre part, les populations d’animaux domestiques, retournés à l’état sauvage ou évoluant en semi-liberté, causent des pressions multiples.

Le surpâturage des chèvres, des moutons et des bovins ou l’impact des cochons sauvages sont responsables de dégradations marquées des habitats naturels.

Ces derniers sont par exemple un facteur de menace pour le Tiare ’apetahi, arbuste emblématique de Polynésie française aujourd’hui “En danger critique”, ou pour des oiseaux nichant au sol comme le Pétrel de Tahiti, classé “Quasi menacé”.

Cigale de Raiatea et Tiare apetahi ©Fred Jacq

Cigale de Raiatea et Tiare apetahi ©Fred Jacq

Lâcher de Pétrel de Tahiti ©Robert Koenig

Lâcher de Pétrel de Tahiti ©Robert Koenig

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parmi les autres menaces pesant sur la flore et les oiseaux de Polynésie française figurent :

  • le recul des milieux naturels face aux aménagements et à l’urbanisation du littoral et des vallées,
  • certaines pratiques agricoles préjudiciables comme l’entretien par l’incendie des cocoteraies,
  • ou encore la collecte illégale de certaines espèces.

Enfin, le changement climatique sera préjudiciable à l’avenir pour de nombreuses espèces d’altitude, qui risquent de ne plus trouver de conditions favorables à leur développement.

Au-delà même des espèces menacées, un tiers des espèces d’oiseaux présentes en Polynésie française avant l’arrivée de l’homme ont déjà disparu, comme la Perruche de Tahiti ou la Rousserolle des Gambier.

Certaines de ces extinctions ont aujourd’hui des conséquences pour d’autres espèces. La disparition des oiseaux frugivores, qui contribuaient à la dissémination des graines, a ainsi entraîné la fragmentation et l’isolement de plusieurs plantes endémiques, dont la survie est désormais menacée.

Une responsabilité mondiale

Malgré les mesures de protection réglementaire déjà prises et les actions menées sur le terrain pour préserver et restaurer les populations d’oiseaux et de plantes endémiques, la situation apparaît très préoccupante.

Nombre de ces espèces sont uniques au monde, parfois endémiques d’un archipel, d’une seule île ou même d’un seul sommet. Leur situation confère aux acteurs polynésiens et à la France une très grande responsabilité.

Pour ne voir disparaître à l’avenir aucune de ces espèces exceptionnelles, il s’agit désormais de renforcer tous les moyens mobilisés et de développer des programmes d’actions coordonnés, pour assurer la sauvegarde de ce patrimoine hautement menacé.

Jeune Monarque de Tahiti - Photo Alain Petit

Jeune Monarque de Tahiti – Photo Alain Petit

 

Communiqué de presse du 17 décembre 2015

  • Comité français de l’UICN

Florian Kirchner – Chargé de programmes “espèces”

florian.kirchner@uicn.fr

  • Muséum national d’Histoire naturelle

Flore Goldhaber – Relations presse

presse@mnhn.fr

 

Pour en savoir plus et télécharger les documents : www.uicn.fr/Liste-rouge-Polynesie-francaise.html